Les compétences du C2i2mead

Le C2i2mead couvre 15 compétences, réparties en 5 domaines.

D1 : Connaître et respecter les droits et obligations liés aux activités numériques en contexte professionnel

La création et le traitement de données numériques sont régis et organisés par un ensemble de lois, de règlements et de décisions de justice que tout professionnel doit connaitre et respecter dans le cadre de l’exercice de son activité.
Cela signifie notamment que le professionnel soit en mesure :
⎯ de distinguer clairement des données numériques à caractère personnel de données numériques à caractère professionnel ;
⎯ de traiter et diffuser dans un cadre légal des données professionnelles contenant ou non des informations à caractère personnel ;
⎯ d’adapter son comportement et ses usages en fonction des dispositifs légaux auxquels sont soumis les utilisateurs.
Spécificité et contexte de mise en œuvre de ce domaine de compétences pour les métiers de l’environnement et de l’aménagement durables :
Outre les aspects législatifs, les professionnels des métiers de l’environnement et de l’aménagement durables sont confrontés à un certain nombre de spécificités liées à l’usage du numérique et posant des problématiques juridiques. Ils doivent veiller à :
⎯ Déclarer à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) les données à caractère personnel récoltées par exemple lors d’une enquête publique pour une problématique d’aménagement,
⎯ Rendre obligatoirement anonymes (détruire, limiter l’accès…) les données sensibles recueillies lors d’une étude (par exemple enquêtes épidémiologiques, statistiques, cadastrales…),
⎯ Formaliser ou respecter des contrats de protection et d’accessibilité des documents et des données lors de projets de concertation avec des structures publiques, privées et associatives.

D2 : Maîtriser les stratégies de recherche, d'exploitation et de valorisation de l'information numérique

L'information est aujourd'hui au cœur de toute activité économique. Elle peut être considérée d'une part comme un outil d'aide à la décision et d'autre part, comme une ressource instrumentale d'une stratégie de communication.
Dans ce contexte, le professionnel doit être en mesure :
o d'identifier ses besoins en terme d'information ;
o de localiser l'information adéquate ;
o d'évaluer et d’exploiter l'information retenue.
Spécificité et contexte de mise en œuvre de ce domaine de compétences pour les métiers de l’environnement et de l’aménagement durables :
Les données environnementales peuvent être collectées via différentes méthodes et outils (télédétection, relevé terrain, bases de données participatives) et à travers différents réseaux, du militant à l’institutionnel, en passant par le scientifique.
Le professionnel devra être en mesure de repérer et de caractériser les sources d'information appliquées aux données juridiques, scientifiques, techniques et citoyennes du domaine, de caractériser les propriétés des documents : périodicité, degré d'élaboration, modes de publication (information dite blanche, grise ou noire…).
Par ailleurs, l’information environnementale ayant un impact fort sur la société, notamment via son traitement par les médias, il est essentiel d’être vigilant et critique sur l’information recueillie (fiabilité, rumeur, désinformation). A ce titre, le professionnel porte une responsabilité sur l’exploitation, l’intégration ou la diffusion de l’information. Il doit mesurer la fiabilité de l’information recueillie (référencement spatial, analyse des métadonnées, source scientifique) et adopter une méthodologie claire en termes d’exploitation et de restitution (mode citation)
De même le professionnel porte une responsabilité sur l’information qu’il diffuse. Il y a donc nécessité de contextualiser et de vérifier ses sources.
=> Exemples de gestion de crises environnementales (marées noires, marées vertes, catastrophes nucléaires).

D3 : Organiser des collaborations professionnelles avec le numérique

Les nouveaux outils de communication permettent actuellement de renforcer les activités collaboratives au sein des organismes professionnels. Ils permettent de collecter et de traiter des connaissances produites collectivement au travers de projets pilotés à distance.
Le professionnel qui participe à la conduite d'un projet collaboratif doit ainsi être en mesure :
⎯ d'identifier les outils numériques nécessaires à sa mise en œuvre ;
⎯ d'animer et de coordonner à distance des groupes de travail ;
⎯ de prendre en compte les contraintes techniques et organisationnelles liées à l'échange d'informations numériques.
Spécificité et contexte de mise en œuvre de ce domaine de compétences pour les métiers de l’environnement et de l’aménagement durables :
Le travail de concertation entre différents acteurs de différentes structures professionnelles (associations, collectivités territoriales, bureau d’études…) et l’organisation nécessaire à la gestion de ces projets pluridisciplinaires sont une des spécificités des métiers de la gestion de l’environnement et de l’aménagement. Cela peut passer par la mise en place d’un projet de collaboration avec le numérique dans lequel il sera nécessaire de gérer l'hétérogénéité du niveau de technicité et d’outillage ainsi que la variété des protections ou des accès mis en place.
Le professionnel se doit donc d’anticiper la structuration d'un projet collaboratif utilisant les outils numériques afin de le mettre en œuvre en intégrant toutes les dimensions qui garantiront son succès.

D4 : Maîtriser le système et le traitement de l’information de sante

L’information environnementale et spatialisée, généralement stockée sous forme de bases de données, constitue une ressource indispensable pour le professionnel de l’environnement et de l’aménagement durables pour établir un diagnostic sur un territoire, identifier des phénomènes, les analyser et les représenter en les exploitant avec un ou plusieurs outils numériques de traitement de l’information.
La maîtrise des concepts et de l’usage de ces outils lui permet d’enrichir les données disponibles :
− en transformant ces données pour les rendre compatibles avec d’autres,
− en croisant des données de sources diverses en vue d’extraire de nouvelles informations,
− en produisant des résultats qualitatifs et quantitatifs à partir de ces données,
− en utilisant ces résultats dans un processus d’aide à la décision.
La mise en œuvre d’un processus plus ou moins complexe de traitement de données à l’aide d’un ou plusieurs outils numériques adaptés apporte des éléments quantitatifs ou qualitatifs pertinents pour argumenter des décisions relatives à un projet territorial d'aménagement ou à la gestion des problèmes environnementaux. Il s’agit d’utiliser les systèmes numériques de traitement d’information pour passer de la donnée brute à la connaissance de l’information utile à la prise de décision finale.

Dans ce contexte, le professionnel doit être en mesure :
− d'avoir une connaissance de base des solutions techniques et notamment des systèmes numériques de traitement des données à références spatiales,
− d'exploiter des données et en retirer de nouvelles informations et connaissances permettant l'aide à la décision,
− d'acquérir un regard critique et une exigence de qualité sur les données propres à l’expertise.

D5 : Communiquer sur l'environnement et l'aménagement avec le numérique

Les outils numériques sont désormais utilisés pour toute diffusion de l'information sur l'environnement ou l'aménagement. Le professionnel doit être en mesure d’identifier la chaîne de réalisation et d’édition des supports visuels destinés à la restitution et à la diffusion des connaissances aux différents publics. Pour cela, il doit :
● Identifier les normes d'édition en usage.
● Respecter la sémiologie graphique dans la production de documents.
● Utiliser les outils numériques de création graphique (Cartographique automatique, PAO, DAO, CAO).
● Produire des supports de communication ciblés (sites Internet, poster, plaquettes…).
L’exploitation de documents visuels (cartes, graphiques, photos de paysage, vidéo…) est un élément essentiel du processus d’aide à la décision (concertation, sensibilisation, information…). Le professionnel est ainsi amené à produire ou effectuer la maîtrise d’ouvrage de la conception de supports graphiques.
S’il n’a pas vocation à être un spécialiste de la communication ou de l’infographie, il doit cependant pouvoir produire un document numérique visuel (poster, carte, graphique, présentation…), dialoguer avec les spécialistes de l’édition et de l’information (webmaster, infographiste, imprimeur...) et identifier les normes et standards.
Il doit pour cela être en mesure d'identifier les publics cibles, de sélectionner le(s) support(s) adapté(s), d’identifier les prestataires ou services compétents pour la conception et la diffusion des supports, d'établir un cahier des charges et d’exprimer les besoins techniques et fonctionnels répondant aux finalités du projet.
Il doit aussi assurer la visibilité des supports produits (par référencement dans les moteurs de recherche, publication sur des portails spécialisés…).